Culture / Patrimoine

Provins

La Ville de Provins

Sur les anciennes terres des Comtes de Champagne, Provins se trouve, dès l’An 1 000, au carrefour des routes du commerce européen. La ville devient peu à peu une place commerciale de premier ordre. Aux XIIe et XIIIe siècles, Provins atteint son apogée avec les célèbres Foires de Champagne.

Le plan urbain est conçu pour accueillir les nombreux marchands : des rues larges pour le passage des convois et pour l’emplacement des étals, les maisons de marchands à 3 étages avec de somptueuses salles voûtées comme la Grange aux dîmes, louée à l’époque à des marchands toulousains.

La présence de l’eau (le Durteint et la Voulzie) favorise également l’activité économique et le développement des métiers tels que les drapiers, parcheminiers, bouchers, etc.

Les imposants remparts, véritables florilèges de formes, sont construits au cours du XIIIe siècle dans le but de protéger les hommes et les richesses, mais aussi de montrer la puissance des Comtes de Champagne. Cette enceinte faisait alors 5 km !

Huit siècles plus tard, l’ensemble urbain de Provins reste le témoin le plus authentique de l’histoire médiévale des XIe aux XIIIe siècles. Son patrimoine architectural bâti illustre une période fondatrice de l’histoire occidentale liée à l’essor des échanges économiques et culturels en Europe.

La ville possède 58 monuments historiques classés ou inscrits, véritable conservatoire de l’architecture civile.

Le Prieuré Saint-Ayoul

Les origines de cet ensemble architectural remontent à 996, suite à la découverte de reliques attribuées à saint Ayoul.  Elles sont de suite mises à l’abri et conservées dans la crypte de la chapelle Saint-Médard construite à cet effet.

Mettre à jour la dépouille d’un saint ou d’un martyr, était à cette époque très religieuse, un immense événement et synonyme de pèlerinage conséquent. Et effectivement, au milieu du XIe siècle, le comte Thibaut Ier de Champagne décide de réformer les lieux.

La chapelle est devenue trop petite pour accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux à venir se recueillir. Elle fait place à un projet plus étendu : une église paroissiale et un prieuré des bénédictins, religieux de l’ordre de saint Benoît. La construction de l’église est établie selon un plan particulièrement ambitieux comportant une nef munie de bas-côtés, un vaste transept et un chœur à déambulatoire avec plusieurs chapelles rayonnantes.

Au fil des siècles, l’ensemble n’a eu de cesse d’être remanié : destruction, reconstruction, rajout… L’année 1527 marque un tournant à la suite d’un conflit ancien entre les deux communautés religieuses, paroisse et prieuré : le monument est définitivement séparé en deux parties distinctes. La nef et les bas-côtés sont attribués à la paroisse, tandis que le chevet reste au prieuré. Un mur est élevé entre les deux parties. Vendu comme bien national à la fin du XVIIIe siècle, il a accueilli sous-préfecture, gendarmerie nationale, Cavalerie et l’armée.

Une partie a même été rachetée par des particuliers qui ont fait habitation et dépendance, et ont démoli des chapelles pour ériger des murs, afin de séparer les propriétés. À partir de 1938, le chevet est rétrocédé par le ministère de la Guerre au service des Beaux-Arts.

À la suite, premiers travaux et premières reconnaissances du monument. Les principaux percements modernes sont fermés et certaines baies anciennes sont rouvertes. C’est le début de fouilles archéologiques, d’études, et de travaux de consolidation… Depuis 2003 donc, les efforts n’ont jamais cessé entre fouilles et découvertes, classement aux Monuments Historiques, et réhabilitation et restauration.

Le Prieuré se compose de plusieurs éléments :

  • le jardin de plantes médiévales (ifs, sedums et amélanchiers),
  • le cloître et sa vue panoramique sur les emplacements des anciennes galeries médiévales,
  • la salle capitulaire à l’architecture parfaitement conservée et la chapelle sud, la chapelle des Bénédictins ou « chœur des moines » (grande abside désaxée achevée vers 1280),
  • dans les baies enfin rouvertes, tous les vitraux ont été confiés à l’artiste Udo Zembok. Leurs couleurs et leur diversité complètent la lecture du monument et relayent les sculptures réalisées sur le portail de l’église par Georges Jeanclos, entre 1985 et 1988
  • le transept,
  • les chapelles rayonnantes.

 

La Tour César

La Tour César est le monument emblématique de la cité médiévale de Provins et un concentré d’histoire !

Donjon du XIIe siècle, impressionnant tant par sa taille que par sa forme, il est le symbole de la puissance de Provins et des Comtes de Champagne. La Grosse Tour, comme on l’appelle aussi, servit de tour de guet bien sûr, mais aussi de refuge et de prison.

Les prisonniers étaient enfermés dans les tourelles et les cachots, étroits et parfois plongés dans l’obscurité totale…

Elle abrite aujourd’hui les cloches de la collégiale Saint-Quiriace et sonne toujours 2 fois : 5 minutes avant et à l’heure pile.

 

La grange aux dîmes

Cette maison en pierre est typique de l’architecture de Provins des XIIe et XIIIe siècles ! De bas en haut, la salle basse servait d’entrepôt, le premier étage de boutique, et le dernier étage d’habitation. On sait grâce à des baux retrouvés, qu’elle était louée, entre autres, par des marchands toulousains. Bien plus tardivement au XVIIe siècle, elle fut utilisée en tant qu’entrepôt pour la dîme – impôt sur les récoltes – d’où son nom actuel. La Grange aux dîmes de Provins abrite toute une mise en scène, représentant les marchands et les métiers du Moyen Âge

Les remparts

Édifiés entre les XIe et XIIIe siècles, les remparts mesurent 25m de hauteur, et s’étendait à l’époque sur 5 km de long, assurément l’une des enceintes fortifiées les plus imposantes de France ! Leur périmètre s’élargissait au fur et à mesure que la ville grandissait. En effet, les comtes avaient vu grand afin d’accueillir et de protéger les habitants et les très nombreux marchands qui venaient pour les Foires de Champagne ! Aujourd’hui, il reste encore 1,2 km autour de la ville haute. Comme dans la plupart des villes, la partie disparue a servi pour construire ou reconstruire des habitations. Ce patrimoine unique est restauré depuis les années 70 tranche par tranche

Eglise Sainte-Croix

L’église Sainte-Croix est l’un des principaux monuments religieux de Provins. Elle doit son nom à un morceau de la Sainte Croix que Thibaud IV de Champagne aurait rapporté de Jérusalem. Sa nef et son clocher remontent aux XIIe et XIIIe siècles, mais son aspect actuel est le résultat des travaux menés au XVIe siècle pour le doublement de son bas-côté nord et la reconstruction de son chevet. D’importants aménagements intérieurs eurent lieu au XVIIIe siècle, et l’église fut restaurée à la fin du XIXe siècle. Fermée au culte depuis plus de cinquante ans en raison de graves désordres structurels, l’église fait l’objet d’un ambitieux programme de restauration depuis 2022.