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Au cœur de la plaine briarde, les fermes anciennes ponctuent encore aujourd’hui les chemins de randonnée, témoins silencieux d’une organisation agricole héritée du Moyen Âge. En Seine-et-Marne, ces vastes domaines appartenaient souvent à de puissantes institutions religieuses – comme l’abbaye de Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, l’église de Notre-Dame-des-Champs ou encore les moines de Abbaye de Saint-Martin de Tours – avant d’être parfois transmis aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. À côté de ces possessions ecclésiastiques, de grandes seigneuries laïques, telle celle de Nangis, structuraient également le paysage rural.
Les fermes briardes adoptent un plan caractéristique : des bâtiments disposés autour d’une cour rectangulaire fermée, formant un quadrilatère protecteur. Les façades extérieures sont sobres, parfois aveugles, percées seulement de petites ouvertures ou de meurtrières. À l’intérieur s’organisent le logis – souvent situé à l’ouest –, les étables, granges et hangars, ainsi que les dépendances spécialisées (laiterie, fromagerie) et, presque toujours, un pigeonnier, marque de prestige et de droit seigneurial.
Certaines exploitations prennent une dimension défensive plus affirmée : ce sont les fermes fortifiées. Inspirées des dispositifs militaires médiévaux, elles se dotent de tours d’angle circulaires ou quadrangulaires, de douves en eau, de porches monumentaux et parfois d’un pont permettant le franchissement des fossés.
Ces aménagements rappellent les temps troublés, notamment à l’issue de la guerre de Cent Ans, période durant laquelle nombre de fermes furent reconstruites. Les logis évoluent alors vers des formes proches du manoir ou de la résidence seigneuriale, parfois complétés d’un jardin ou d’un parc. Si la Révolution n’entraîne pas leur démantèlement, les XIXe et XXe siècles transforment en profondeur ces ensembles, adaptés aux nouvelles pratiques agricoles et à la mécanisation.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la ferme de Malassise, située à deux kilomètres au sud du bourg de Mormant, sur des terres autrefois marécageuses. D’origine vraisemblablement médiévale – peut-être dès le XIIIe siècle – elle constitue un exemple particulièrement lisible de ferme briarde fortifiée protégée par l’eau. Malgré quelques altérations ponctuelles (menuiseries remaniées, petite tour crénelée d’inspiration pittoresque, extension polygonale sur l’étang d’origine incertaine), l’ensemble conserve les éléments essentiels de son organisation primitive : cour fermée accessible par une porte charretière remarquable, volumes agricoles imposants, charpentes spectaculaires couvrant les anciennes granges.
Parmi la douzaine de fermes identifiées dans le canton de Mormant, Malassise se distingue par son degré d’authenticité. À l’exception d’un pigeonnier aujourd’hui disparu, elle réunit toutes les composantes d’une ferme fortifiée « modèle ». Elle peut, à ce titre, être rapprochée de la ferme des Époisses à Bombon, elle-même protégée au titre des Monuments historiques, illustrant la richesse et la cohérence de ce patrimoine rural fortifié en Seine-et-Marne.