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Culture / Patrimoine
Classées au titre des Monuments historiques, les trois bornes milliaires numérotées de 28 à 30 présentes sur la commune datent du XVIIIe siècle.
Les grandes voies de communication qui traversent la Brie apparaissent dès le Xe siècle : la première va de Paris à Troyes et passe par Gretz, Tournan, Fontenay-Trésigny et Provins ; l’autre passe par Brie Comte Robert, Guignes, Mormant et Grandpuits. Ces deux voies parallèles font la liaison entre Paris et les grandes foires de champagnes. Par ailleurs, les pèlerins se rendant à Rome depuis les Flandres passent également par Grandpuits et sa région.
Au XIVe siècle, Le Guide des chemins conseille aux pèlerins plusieurs étapes dont celle de Grandpuits. Ces chemins sont quotidiennement empruntés par des marchands et des pèlerins, donc balisés. Ce tracé est par la suite repris pour celui de la route nationale 19.
Au sud du village de Grandpuits, entre la route départementale 619 et la rue de la Salle, se dresse une silhouette massive ceinte de murs épais et de fossés encore en eau au sud. La ferme de la Salle ne ressemble pas à une simple exploitation agricole : avec ses quatre tourelles d’angle et son porche fortifié, elle évoque d’emblée un petit château rural.
Son histoire plonge ses racines dans le Moyen Âge. En 1183, le pape Lucius III confirme à la puissante abbaye de Saint-Denis la possession de droits sur les églises et terres de la région. La ferme dépend alors de ce grand domaine monastique. Elle apparaît dans les textes au XIVe siècle sous le nom « d’hostel de Grandpuits que l’on dit la Salle », preuve qu’elle constitue déjà un ensemble important et structuré.
Au XIIIe siècle, l’enceinte rectangulaire est construite : de hauts murs en moellons, flanqués de quatre tourelles, protègent la cour intérieure. Les fossés remplis d’eau renforcent la défense. Cette architecture n’est pas exceptionnelle en Brie : les temps sont incertains et les grandes exploitations agricoles doivent pouvoir se protéger. Le porche d’entrée, encadré de solides piles en grès et autrefois doté d’un pont-levis, rappelle par son allure défensive celui de la ferme des Époisses. Avec le temps, la fonction défensive s’efface au profit des besoins agricoles.
Aux XVIe et XVIIe siècles, la ferme se développe et s’embellit. Une maison de maître est édifiée à la fin du XVIIe siècle, face au porche. Ses cinq travées régulières et ses fenêtres cintrées encadrées de brique et de grès témoignent d’une recherche d’élégance. Autour d’elle s’organisent les bâtiments d’exploitation : écuries, granges, étables, laiterie, fournil. Le logement du charretier occupe le rez-de-chaussée d’un bâtiment en L, tandis qu’un grenier à grains s’étend à l’étage. Les siècles suivants apportent leurs adaptations : reconstruction de certains bâtiments, ajouts de hangars, transformation des usages.
Au XVIIIe siècle, la toiture d’une tourelle disparaît ; au XIXe siècle, de nouveaux corps de bâtiments sont adossés aux courtines. Malgré ces changements, la structure médiévale demeure lisible.
Au XXe siècle, la modernisation agricole bouleverse l’équilibre ancien : la courtine nord est partiellement ouverte pour laisser passer les engins, certains aménagements liés à l’élevage disparaissent. En 1945, la ferme est toutefois repérée pour son intérêt lors d’une enquête nationale sur l’architecture rurale. Dans les années 1980, d’importants travaux permettent de restaurer les tours, désormais coiffées de toits coniques en tuiles plates. La tempête de 1999 endommage certains bâtiments, rappelant la fragilité de ce patrimoine. Aujourd’hui, la ferme de la Salle impressionne toujours par ses murs puissants, ses tours élancées et l’atmosphère presque seigneuriale de sa cour. Elle raconte, à travers ses pierres, l’évolution d’un domaine agricole fortifié devenu exploitation moderne, et témoigne de plus de huit siècles d’histoire rurale en Brie.
Au détour des chemins de randonnée de Seine-et-Marne, de vastes fermes briardes rappellent combien la terre a façonné l’histoire et les paysages du territoire. Parmi elles, la ferme de l’Ancœur s’inscrit dans la grande tradition des fermes fortifiées d’Île-de-France, à la croisée du monde agricole et de l’histoire féodale.
Dès le Moyen Âge, les grands domaines agricoles de la région appartiennent souvent à de puissantes institutions religieuses, comme l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Notre-Dame-des-Champs ou encore les moines de Saint-Martin de Tours. D’autres terres passent sous le contrôle des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui les conservent jusqu’à la Révolution. À côté de ces puissances ecclésiastiques, de grandes seigneuries laïques, comme celle de Nangis, structurent également le paysage rural.
La ferme briarde typique se déploie autour d’une vaste cour rectangulaire fermée. Les bâtiments, disposés en quadrilatère, présentent peu d’ouvertures vers l’extérieur : petites fenêtres, meurtrières parfois, murs épais. On y trouve un logis – souvent situé à l’ouest –, des étables et bergeries, des granges et hangars pour le stockage des récoltes, parfois une laiterie, une fromagerie et presque toujours un pigeonnier, symbole de statut seigneurial.
Certaines de ces exploitations prennent une allure plus défensive : ce sont les fermes fortifiées. Tours d’angle circulaires ou quadrangulaires, fossés ou douves, ponts permettant le franchissement, porches monumentaux parfois surmontés d’un pigeonnier… Autant d’éléments hérités de l’architecture militaire médiévale. Ces dispositifs rappellent les temps troublés de la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion, lorsque les campagnes n’étaient pas à l’abri des pillages. Mais au-delà de la protection, ces fortifications participaient aussi à l’affirmation d’un rang social : elles manifestaient la puissance du seigneur et l’importance du fief.
La ferme de l’Ancœur s’inscrit dans cette histoire. À l’origine, le fief d’Auquez – devenu fief d’Ancœur – relevait notamment de l’abbaye de Chaumes. En 1558, il appartient à Nicolas de Brichanteau, seigneur de Beauvais et de Nangis, figure de la noblesse locale impliquée dans la rédaction de la coutume de Melun. À la fin du XVIIe siècle, le domaine passe à la famille Grassin, puis aux Béthizy de Mormant, illustrant la circulation des terres entre grandes familles seigneuriales.
Comme beaucoup de fermes briardes, l’Ancœur connaît des transformations après la guerre de Cent Ans : les logis évoluent vers des formes plus résidentielles, proches du manoir. Un jardin ou un parc vient parfois compléter l’ensemble. À la Révolution, si les titres et privilèges féodaux disparaissent, les bâtiments, eux, demeurent. Ce sont surtout les XIXe et XXe siècles qui apportent les modifications les plus profondes, avec l’adaptation des structures aux nouvelles pratiques agricoles et aux machines plus volumineuses. Il est à noter que la tradition associe le nom du ru d’Ancœur à la ferme. Au XVIIIe siècle, l’atlas Trudaine identifie la « ferme d’Encœur » et le ruisseau est parfaitement visible alors qu’aujourd’hui les drainages du XIXe siècle ont fait disparaître son cours primitif.
Aujourd’hui, la ferme de l’Ancœur témoigne de cette double vocation qui caractérise les fermes fortifiées de Seine-et-Marne : exploiter et défendre, produire et affirmer. Elle incarne à la fois la mise en valeur patiente des terres briardes et la mémoire des pouvoirs – religieux ou seigneuriaux – qui ont façonné le territoire. En parcourant ses murs et ses volumes, c’est toute l’histoire rurale de l’Île-de-France qui se laisse deviner.
En 1973 les communes de Grandpuits et de Bailly-Carrois s’associent, puis elles fusionnent en 2016 pour devenir la commune de Grandpuits-Bailly-Carrois. La commune compte donc deux églises.
L’église de Bailly-Carrois est dédiée à saint Eloi, patron des orfèvres et des forgerons, protecteur des chevaux. En grès, elle date du XIIIe siècle et est édifiée sur un plan allongé et terminé par un chevet plat.
L’église conserve plusieurs objets mobiliers protégés au titre des Monuments historiques dont un dais du XVIe siècle orné de six pendentifs sculptés de petits personnages. A noter également, une imposante et très belle chaire à prêcher de 1771. D’esprit baroque, on y monte par un escalier à la rampe incurvée. La cuve circulaire est ornée de panneaux sculptés en bas-relief. Elle s'appuie contre un dorsal à panneau mouluré encadré par deux palmiers servant de support à l'abat voix où se déploie une draperie avec passementerie. L'abat voix en forme de dôme orné de motifs décoratifs en relief est surmonté d'une statue de la Foi traitée en ronde-bosse.
L’église conserve également de belles traces de fresques avec des personnages en pied qui nécessiteraient une étude approfondie.
L’église Saint-Denis, probablement construite au XIIe siècle est l’ancienne chapelle castrale de Châteaufort. La tour située à l'angle sud-ouest de l’église est un des rares témoins de ce château dont la disparition se situe entre 1593 et 1658.
Initialement, la tourelle ne devait pas être accolée à la chapelle castrale et ce, jusqu'au XVIe siècle date à laquelle l'église fût probablement agrandie. Le porche situé côté sud de l’église date également de cette époque qui correspond à une période d’embellie économique après la guerre de cent ans et au retour de François 1er et de sa cour en région parisienne ainsi qu’à ses nombreux séjours à Fontainebleau. Il s’en suit une période faste de restauration, de reconstruction ou d’agrandissement que l’on peut remarquer sur de nombreuses églises en Seine-et-Marne.
Construite en grès et en meulière, l’édifice d’origine est donc beaucoup remanié et seul le chœur semble avoir conservé sa configuration d’origine. Les piliers de la voûte du chœur sont massifs, d’inspiration romane, et ornés de chapiteaux sculptés de motifs en godron. Des traces ponctuelles de décor peints sont visibles sous les enduits.
Le retable du maitre-autel du XVIIe siècle en bois polychrome est l’élément majeur du décor de l’église, il est classé au titre des Monuments historiques. Il est composé de colonnes cannelées encadrant un tableau représentant l’Adoration des mages. De part et d’autre du tableau, des niches accueillent de grandes statues dont celle de saint Denis patron de l’église. Sur le fronton du retable deux anges, sculptés en ronde bosse, encadrent un bas-relief de Dieu le père.
Le pigeonnier de la ferme de Châteaufort s’élève aujourd’hui comme l’un des derniers témoins visibles d’un domaine ancien dont le nom apparaît dans les archives locales dès 1402. Rattachée à la châtellenie de Melun, la maison forte de Châteaufort occupait alors une position stratégique dans le paysage de Grandpuits. Le nom de Châteaufort désigne au Moyen Age une habitation à laquelle est jointe une grande étendue de territoire.
Au XIVe siècle, dans le contexte troublé de la guerre de Cent Ans, le site est décrit comme un « chastel ou forteresse notable », utile et nécessaire aux habitants du Puits qui pouvaient y trouver refuge en temps de guerre. Les tours sont alors surélevées et des travaux de fortification sont entrepris, affirmant la vocation défensive de cette maison forte implantée au cœur du terroir briard.
Parmi les dépendances conservées figure le pigeonnier, probablement édifié au XVe siècle. De forme cylindrique, il est coiffé d’un toit conique percé de deux lucarnes d’envol orientées à l’est et au sud. Un épi de faîtage servait de repère visuel aux volatiles. À l’intérieur subsistent encore, au deuxième niveau, dix rangées de boulins en terre cuite destinés à abriter les nids. Deux ouvertures superposées ont été percées ultérieurement au-dessus de la porte, témoignant des transformations successives du bâtiment.
Sous l’Ancien Régime, le droit de posséder un colombier constituait un privilège seigneurial, symbole de pouvoir et d’autorité, aboli en 1789. La présence de ce pigeonnier rappelle ainsi le statut féodal du domaine.
À proximité se trouvaient également un puits et un pressoir en grès, complétant l’organisation d’une ferme seigneuriale structurée et autonome. Toutefois, l’importance du fief décline probablement dès le début du XVIIIe siècle. Un document de cette époque évoque « le fief de Châteaufort à présent tout ruiné et en masure », signalant l’abandon progressif d’un site autrefois stratégique.
Aujourd’hui délaissé, le pigeonnier demeure un élément patrimonial emblématique, condensant à lui seul l’histoire militaire, seigneuriale et agricole de Châteaufort, depuis la forteresse médiévale jusqu’à la ferme rurale en déclin.